"IDIOT"
(O. BELLE)
Pour un bas de soie qui glisse comme ça,
De haut en bas contre la peau,
C'est fou parfois ce qu'un homme c'est idiot
Le mal est pris, on est enfant,
On n' sait pas jouer avec ses doigts,
Alors on fait, pour passer l' temps, n'importe quoi.
Puis on grandit, rebelle soumis,
Pour s'affirmer, d'abord aimer,
N'importe quoi, n'importe qui aussi.
Si mal armé pour le combat,
L'amour s'effleure du bout des doigts
L'amour terrasse toutes les races,
Et frappe le coeur de tous les hommes
S'il ne se prend pas, il se donne comme la vie.
On évolue, on vise plus haut
De gueules d'amour à belles de jour,
De gueule de bois à cause de l'autre, gueule d'Apôtre,
Et ça défile et l'on s'enroule,
Quand on s'en grise, bientôt ça mine,
Alors on s' laisse et l'on encaisse,
Les coups du coeur sont des coups bas,
Et l'on se saoule pour que ça roule,
On flirte avec le désespoir.
Partout la mort, par tous les pores,
Toujours la peur d'aller dehors,
On n'en peut plus, ça n' se dit pas ces mots.
Puis tout ça roule, on se sent mieux,
On suit la foule, on est plus vieux.
Draps froissés sur un lit défait,
Pour ces ébats, on se battait,
On s'en défend, mais c'est un fait,
Vaut mieux comme ça.
Un bas de laine ou des mitaines...
Chacun de nous doit faire son choix,
Même si, parfois, on nous traite d'idiot.
Dans les bas-fonds, pour des bas, au fond,
Qui glissent comme ça, qui glissent comme ça
On pense à soi, on sauve sa peau
L'amour se vit de haut en bas
On n'comprend pas, c'est fou parfois
Ce qu'on est con.